02 octobre 2006

Séjour en Ile Maurice (3ème jour)

Le Temple hindou Shiva à Grand Bassin, Bois Chéri, la Vanille réserve des Mascareignes et Blue Bay.

La journée s'annonce chargée puisque nous empruntons aujourd'hui la route du sud qui nous conduira dans un permier temps au Temple hindou Shiva de Grand Bassin. Il faut compter 01h00 à 01h30 de voiture pour nous y rendre de Pointe aux Piments, une route longue et sinueuse qui s'élève sur les hauts plateaux à plus de 700 mètres d'altitude. Grand bassin pour les créoles ou Ganga Talao pour les hindous est un lac naturel formé dans un ancien cratère de volcan. Selon la légende Shiva survolait la terre avec sa femme Parvati et laissa tomber quelques gouttes de sa chevelure en s'emmerveillant devant la beauté de l'île, ces dernières tombèrent dans un cratère de volcan éteint qui se transforma en lac. Aujourd'hui, ses eaux communiqueraient en secret par un souterrain avec le Gange, ce qui en fait pour la communauté hindoue le lieu le plus sacré de l'île.

Chaque année le site prend une tout autre dimension avec la cérémonie religieuse de Maha Shivaratree (littéralement la grande nuit de Shiva), elle se déroule en février ou en mars selon les années (pas de chance c'est loupé pour nous) et célèbre pendant cinq jours consécutifs la victoire de Shiva sur Brahma et Vîshnu. La fête regroupe alors entre 300 000 et 500 000 fidèles soit quasiment la moitié de la population totale de l'île, difficile à concevoir quand on prend en compte la petitesse du site.

Imaginez un plan d'eau entouré de plusieurs temples de tailles diverses et d'un esthétisme très singulier, ils sont tous décorés de nombreuses statues à l'effigie des dieux hindous. Les temples sont très beaux mais sans offenser quiconque d'un goût un peu douteux si on se réfère à nos critères occidentaux. Ils sont très colorés, bariolés avec des peintures flashys ce qui les opposent à nos habituels et austères édifices religieux, tellement opposés que j'ai pour ma part eu du mal à ressentir une certaine spiritualité dans ces murs. Les hindous se baignent dans les eaux sacrées pour purifier leur corps et font de nombreuses offrandes alimentaires en les entreposant au bord du lac ou au pieds des statues, si bien que le site est globalement très sale et que les bâtons d'encens avaient du mal ce jour là à cacher une odeur quelque peu pestidencielle. Bref j'ai eu du mal à ressentir ce petit quelque chose qui me donne parfois la chair de poule dans certains lieux Saints et à m'imprégner du mysticisme ambiant...

Sur la droite du temple principal, nous avons emprunté des escaliers qui montent jusqu'au Piton Grand Bassin qui domine le site du haut de ses 702 mètres. Dit comme ça ça peut faire peur mais il ne s'agit en fait que de 5 minutes de grimpette (108 marches exactement !!!) pour arriver à un petit temple haut perché dédié à Hanuman (dieu à tête de singe et au corps humain). C'est une véritable tour d'orientation naturelle qui vous donne une perspective idéale pour prendre la mesure du site et des vallées environnantes (Plaine Champagne et Bois Chéri). En direction de l'entrée du site on voit s'élever l'immense statue de Shiva sculptée dans du ciment qui doit atteindre une bonne trentaine de mètres. Cette statue géante est à ce jour en construction, elle est couverte d'échafauds pour encore quelques semaines. Les travaux ont commencé début 2004 et une trentaines d'ouvriers indiens s'afférent depuis pour ériger une statue qui a coûté plus 15 millions de roupies aux mauriciens (375 000 euros). A son dévoilement officiel l'édifice sera la plus grande statue au monde dédiée à Shiva.

Si vous avez de la chance vous verrez sur le site des macaques sauvages qui paraît il font régner la terreur sur leur territoire en éventrant les poubelles et en chipant les offrandes de nourritures qui jonchent le sol. En ce qui nous concerne pas de macaques mais beaucoup de détritus par terre et à la surface du lac. David (notre guide) nous explique qu'il est trop tôt pour voir les singes, qu'ils doivent dormir et que le manque de soleil ne les incitent pas à sortir. Certains verront dans Grand Bassin un lieu de pélerinage mystique qui les transporteront directement en Inde, j'ai eu pour ma part plus de mal à m'approprier, à ressentir la spiritualité des lieux car je suis resté quelque peu bloqué sur le cadre et sur la forme au lieu de m'imprégner du fond. Une curiosité donc à laquelle vous adhérerez ou non mais qui doit malgré tout prendre une toute autre ampleur pendant les fêtes hindoues grâce à la ferveur et à la dévotion des croyants pour leurs divinités.

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Le domaine de Bois Chéri

Nous continuons ensuite notre périple en direction du domaine de Bois Chéri pour y visiter l'usine et le musée. C'est alors un changement de décors radical avec les plages et les lagons ensoleillés. Nous sommes sur les hauteurs des montagnes humides de "l'intérieur" où la végétation devient extrémement dense et sombre. Selon David içi "il pleut chaque jour que Dieu fait" et la température chute souvent de plus de 10 degrès par rapport à celle du littoral.  C'est la partie de l'île où les populations sont les plus pauvres, majoritairement indo-mauriciennes. Içi les ouvriers agricoles travaillent très dur pour la plupart dans les exploitations de thé et de canne à sucre en échange de salaires de misère. Tous ces visages sont marqués par la vie, le sourire légendaire des mauriciens du littoral s'efface un peu plus à chaque kilomètre. C'est très imagé mais c'est le sentiment qui domine et qui s'installe lorsque nous arrivons dans le bourg fantôme de Bois Chéri. De part la proximité de Grand Bassin on sent içi plus qu'ailleurs le poids de la religion auprès des habitants. Il suffit pour cela de voir devant chaque case les petits temples érigés en l'honneur des divinités et le nombre de fanions rouges portant les icônes et les symboles religieux.

Mauvaise surprise en arrivant sur le Domaine de Bois chéri, la fabrique n'est pas ouverte au public et la production interromptue. Après renseignements, l'usine n'ouvre ses portes aux touristes que 3 jours par semaine car la période de récolte se situe plutôt entre le mois d'octobre et le mois d'avril. En temps normal le droit d'entrée est de 200 Rs (5 euros) pour une visite commentée de la fabrique avec les étapes de confection du thé et une visite du musée.

Voici tout de même quelques informations sur le domaine, celui-ci a vu le jour il y a plus de 150 ans mais cultivait à l'époque de la canne à sucre jusqu'en 1892 où un cyclone ravagea la plantation et les infrastructures. Les propriétaires décidèrent alors de réorienter Bois Chéri sur la production de thé. Aujourd'hui le domaine est l'un des plus gros producteurs de l''île mais a également une vocation internationale notamment avec l'exportation de la variété de thé la plus appréciée : le thé Corson ou thé à la vanille. A défaut de visite du site, nous en avons profité pour flâner dans les plantations qui jouxtent la fabrique et pour photographier les ouvrières agricoles en train de travailler. David nous explique que la récolte du thé est un travail réservé aux femmes alors que les hommes sont plutôt dirigés vers la culture de canne à sucre. Il est vraiment étonnant de voir la dextérité et le courage de ses femmes qui transportent sur leurs têtes les sacs qu'elles viennent de remplir de feuilles de thé et qui doivent peser plusieurs kilos. Il faut savoir que 5 kg de feuilles sont nécessaires pour obtenir 1 seul kg de thé. Malgré la robustesse de la plante, il faut paraît il que la cueillette se fasse uniquement à la main afin de ne pas briser la feuille.

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Nous nous rendons ensuite au Chalet de dégustation qui se trouve à proximité de l'usine (comptez quand même 2 à 3 km), n'ayant pas visiter l'usine nous devons payer un droit d'entrée de 100 Rs (2,50 euros). C'est en fait une grande bâtisse moderne avec un décor, un mobilier et une atmosphère très "british" où vous pouvez déguster des patisseries ainsi qu'une grande variété de thés proposés par le domaine : thé noir, nature, vanille, Black label (mélangé avec du thé de Ceylan), cardamome (épice), Earl Grey (bergamote et thé noir), citron, fruits exotiques, coco, menthe-chocolat, Corson (extrait de vanille)... Vous avez la possibilté sur place d'acheter des paquets de thé mais je vous conseille vivement des faires vos emplettes dans les supermachés ou les superettes mauriciennes, vous les payerez moins cher mais par contre vous aurez moins le choix dans les parfums. Si vous cherchez une variété particulière achetez la sur place dans le doute, mais vous trouverez un peu partout les variétes que consomment les mauriciens à longueur d'année. Les thés différent bien sûr par leurs saveurs et leurs goûts, mais leurs caractéristiques dépendent surtout du climat (température, météo) et de la richesse des sols (composition, terroir, altitude). Les mauriciens vous diront ainsi que le thé "made in" Bois Chéri est le meilleur de l'île, je ne suis pas un grand amateur du noble breuvage mais je me permet quand même de vous conseiller les variétés les plus communes (nature, vanille, Black label, Corson...)

Dernières informations sur l'industrie du thé à Maurice, l'Etat s'est complétement désengagé de la production en 1994 après avoir largement subventionné ce secteur en difficulté depuis la fin des années 80 avec plusieurs baisses consécutives sur le marché. Aujourd'hui seulement 680 hectares de thé sont cultivés sur l'île, les surfaces plantées diminuent d'année en année au profit de la canne à sucre. Si vous aimez les randonnées et que vous voulez découvrir l'histoire et l'écomonie agricole du pays, vous pouvez emprunter la "route du thé"  à l'intérieur des terres qui visitent les 3 anciens domaines coloniaux de production de thé, à savoir le domaine des Aubinaux à Curepipe avec sa bâtisse coloniale datant de 1872, le domaine de Saint Aubin avec son jardin tropical et sa maison coloniale datant de 1819 devenue aujourd'hui un restaurant gastronomique, puis le domaine de Bois Chéri dont je viens de vous parler.

La Vanille, réserve naturelle des Mascareignes

La prochaine étape de la journée nous conduit à la Vanille, réserve des Mascareignes, autrement appelée par les mauriciens Crocodile Vanille Park. Le parc fût crée en 1984 avec pour objectif de réunir les principales espèces animales endémiques de l'archipel, c'est également un élevage de crocodiles du Nil, de crocodiles de Madagascar et de tortues géantes des Seychelles. Autrefois, le site était une plantation de vanille d'où il tire son nom local, elle fût reconvertie par un zoologiste australien Owen Griffiths et son épouse mauricienne qui importèrent de Madagascar 4 crocodiles femelles et un mâle.

La visite débute sur le parking où vous trouverez des cerfs de Java et des ânes dans des enclos. L'entrée coûte 180 Rs (4,50 euros) et à l'accueil les plus téméraires auront la possibilité moyennant finance de se faire tirer le portrait avec un bébé crocodile dans les bras. Le cadre est vraiment exotique car le parc est situé dans une véritable petite forêt tropicale où on se promène au milieu des palmiers, des bananiers et des bambous géants. Sur la droite direction l'enclos aux tortues géantes des Seychelles originaires de la petite île d'Aldabra ou Aldabran, un atoll classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO en 1982 et uniquement peuplé par une colonie de près de 150 000 tortues. Cette espèce est la plus grosse tortue au monde car elle peut atteindre 1,20 mètres pour plus de 300 kg, sa longévité peut également depasser les 150 ans. Autrefois il existait à Maurice une espèce apparentée de tortue de terre mais elle est à présent éteinte du fait de son extermination par l'homme. A ma connaissance c'est le seul endroit de l'île où on peut cotoyer les tortues au plus près, et même pourquoi pas chevaucher délicatement leur carapace le temps d'une photo souvenir. En outre vous ferez la connaissance de Domino, la doyenne des tortues âgée de 90 ans et pesant près de 270 kilos, vous ne pourrez pas la rater c'est la plus imposante. Pour l'anecdote en janvier 2000 plus de 160 tortues âgées entre 6 mois et 2 ans ont été volées par un réseau de trafiquants sur les 190 que comptait alors le parc, dans le cadre de leur plan de conservation et de réintroduction.

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La vedette du parc, en plus des tortues géantes, c'est le crocodile que vous trouverez en grand nombre dans les différents enclos. On en dénombre presque 2000 qui sont majoritairement originaires de l'ouest de l'île de Madagascar. Ils appartiennent à l'espèce présente sur le continent africain, le crocodile du Nil (Crocodylus niloticus) qui peut atteindre une taille allant de 3,50 à 6 mètres, et un poids de 500 kg à 1 tonne maximum. Ils ont une espèrance de vie de 50 à 70 ans et leur croissance atteint environ 30 centimètres par an les premières années avant de ralentir et de se stabiliser à 5 centimètres par an. Le parc est en fait un véritable élevage de reptiles, leurs oeufs sont mis en couveuse pendant 3 mois et les petits mis à part dans des enclos pendant leur croissance. Les animaux sont elevés pour leur chair et pour leur peau, vous trouverez dans le parc une boutique souvenir où on peut acheter de la maroquinerie (sac à main, portefeuille) et un restaurant "le Crocodile Affamé" dont le menu est comme vous l'avez compris principalement composé de viande de crocodile. J'ai hésité puis finalement devant les réticences de Karine nous n'avons pas mangé sur place, David nous explique que la viande de crocodile est une viande blanche qui d'apparence ressemble à du poulet mais que son goût et sa saveur s'approchent plus du poisson.

La visite continue avec une liste non exhaustive des espèces rencontrées dans le parc : tortues Radiata, grenouilles géantes, carpes Koï, caïmans, anguilles, tortues d'eau douce, chauve-souris frugivore de l'Ile Maurice, roussettes de Rodrigues, scinques de l'Ile Ronde (lézard), geckos de l'Ile aux serpents, mangoustes, sangliers, caméléon, macaques de Java, iguanes... etc

Chauve_souris L_zard_vert Mangouste Iguane

Petit coup de coeur pour l'Insectarium que vous trouverez à l'intérieur du parc et qui abrite une collection incroyable de plus de 23 000 insectes, araignées et papillons. Cette collection appartient à un français Jacques Siedlecki qui a mis plus de 30 ans pour réunir tous les spécimens de par le monde. Ce dernier est installlé à Maurice depuis quelques années et loue sa collection au parc. Certains jours on peut le rencontrer sur le site lorsqu'il commente son exposition mais je n'ai pas eu la chance de le voir pour lui dire tout le bien que je pensais de son travail. Même pour un profane qui n'a aucune connaissance en la matière, on ne peut avoir qu'un profond respect pour le travail effectué, que ce soit pour la "chasse-récolte" des insectes et plus encore pour la préparation des spécimens. Ci joint une photo d'un papillon que j'ai déniché dans la collection, un Sphinx tête de mort que les amateurs du film "Le Silence des agneaux" reconnaîtront.

Papillon papillons

La plage de Blue Bay

Nous quittons le Crocodile Vanille Park pour nous rendre à la plage de Blue Bay plus au sud à quelques kilomètres de Mahebourg. Cette dernière est l'une des plages publiques les plus belles de l'île et a pour principal intérêt le fait d'y trouver des récifs coraliens encore vivants. La plage est située dans une petite baie fermée et bordée d'un sable fin blanc, juste en face de l'Ile au Coco.

Les couleurs sont paradisiaques, l'eau est cristalline allant du bleu émeraude au bleu turquoise, seules quelques bouées de surface à une trentaine de mètres du bord ternissent un peu le paysage. Un peu déçu je pensais qu'il s'agissait d'une limite à ne pas franchir pour les baigneurs, mais David m'explique qu'elles forment un périmètre qui marque la limite du bas-fond qui devient très profond derrière les bouées. Histoire de vérifier ses dires et de contempler le récif coralien de plus près, je m'arme de mon M-P-T (comprendre masque-palme-tuba) pour une scéance de snorkeling. Je franchi le périmètre des bouées et je m'aperçois effectivement que la pente devient raide et que la profondeur s'accroît rapidement lorsqu'on s'éloigne du bord (un peu à l'image de l'Ile de la Réunion). Toutefois si vous ne voulez pas vous éloigner, vous pouvez distinguer les premiers coraux dès le périmètre franchi avec une faune aquatique très variée et très animée (baliste, demoiselle à queue blanche, poisson clown, poisson ange...).

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Pour trouver les massifs de coraux vivants, il faut longer la plage sur la droite pendant une dizaine de minutes. Un périmètre précis est délimité par des bouées, l'espace est protégé car c'est quasiment le seul endroit de l'île où on trouve encore des coraux en vie. Pour s'y rendre il est plus simple de louer un bateau à fond de verre, on trouve des navettes sur la plage publique qui tourne en rotation et vous dépose le temps d'une plongée (prix ?). Personnellement j'ai préféré y aller à la nage car je ne voulais pas être limité dans le temps. C'est en tout cas ma scéance de plongée la plus prolifique et la plus surprenante car le jardin de corail est absolument fantastique, il ne ressemble à rien d'autre sur l'île avec une myriade de poissons exotiques plus beaux les uns que les autres, si bien que je ne savais plus où donner de la tête pour les photographier. Encore un détail qui a son importance sans toutefois céder à la panique, il est apparement fréquent de voir des petits requins de récifs ou requins corail marauder dans le lagon du fait de sa profondeur et des larges passages dans la barrière de corail. Ils ne sont pas dangereux pour l'homme et ne mesurent que quelques dizaines de centimètres (voir un peu plus), mais mieux vaut être prévenu si l'on en croise un durant une plongée (crise cardiaque assurée quelquesoit la taille de la bestiole !!!)

Ci joint un lien donnant quelques informations sur le requin corail : http://perso.orange.fr/jean-marc.charel/rcorail.htm

J'en profite pour faire un aparté sur le lien insoupçonné qui relie les requins à la raréfaction du corail. En effet, un groupe de scientifiques américains et espagnols ont démontré l'année dernière que la pêche et la sur-exploitation des requins provoquaient indirectement la disparition des coraux. La chasse aux requins entaînerait une série d'effets secondaires comme la sur-représentation des poissons prédateurs, qui mangent notamment les poissons herbivores chargés de l'entretien des récifs coraliens (par exemple le poisson perroquet). Ces derniers empêchent la prolifération des algues qui à terme tuent le corail. En d'autres termes les requins ont une incidence sur la santé des récifs coraliens, mais je vous rassure vous avez peu de chance d'en croiser durant vos plongées et encore moins de vous faire attaquer. Selon une étude seules 55 agressions ont été signalées à l'échelle mondiale en 2003, un nombre qui diminue en raison du déclin massif des populations de requins. Sur ces 55 agressions seules 4 ont été mortelles (63 attaques pour 3 morts en 2002 dans le monde), un chiffre qu'il faut ramener à la hausse car il s'agit uniquement des attaques répertoriées mais qui reste dérisoire par rapport au nombre de noyades chaque année (409 pour la seule France en 2002). De plus ces agressions se concentrent principalement sur certaines régions du monde à savoir le sud est et l'est de l'Australie, l'Afrique du sud, la Californie, Hawaï, la Floride et le Brésil.

Parler des requins n'a rien d'anodin car une attaque mortelle a été répertoriée à l'Ile de la Réunion une quinzaine de jours avant mon départ pour Maurice (le 20/08/2006). Il s'agissait d'un réunionnais d'une trentaine d'années qui surfait sur la plage de la Pointe du Diable pourtant interdite à la baignade. Ce dernier a été attaqué par un requin tigre (ou un requin bouledogue) qui lui a sectionné le bras à hauteur de l'épaule, le malheureux n'a pas survécu à ses blessures. Une semaine plus tard et toujours à la Réunion (le 27/08/2006), un bodyboarder a été sévèrement mordu au pied par un squale à proximité de la plage de Boucan-Canot. On a recensé sur l'Ile de la Réunion 24 attaques de requins depuis 1980, dont 13 mortelles. La dernière agression datait d'octobre 2004 faisant un blessé grave, il s'agissait d'un jeune champion de bodyboard de 15 ans qui a perdu sa jambe. La dernière attaque mortelle concernait un baigneur en 1999 déchiquettait par 3 requins bouledogues à une centaine de mètres du rivage, on n'a jamais retrouvé son corps.

Contrairement à l'Ile de la Réunion, Maurice est protégée dans son ensemble par une barrière de corail (sauf les falaises du sud est allant de Souillac au Souffleur), les risques de rencontrer un requin potentiellement dangereux pour l'homme sont quasimment nuls. Ces derniers ne s'aventurent pas dans les lagons à cause du récif coralien, de plus ils préfèrent rester loin des côtes dans des eaux plus oxygénées, plus froides et plus profondes. Les variétés de requins qu'on trouve à Maurice sont essentiellement des requins de récifs, des requins corail ou des requins gris "dagsit", ces espèces peuvent atteindre 2 mètres mais ne sont pas un danger direct pour l'homme. Plus au large on peut voir des requins marteaux, des makos et plus rarement des requins blancs. On trouve surtout des requins dans la région de Tamarin et du Morne Brabant dans les passes et les chenaux qui relient l'océan indien au lagon, malgré tout on ne compte officiellement qu'une dizaine d'incidents en un plus plus de 20 ans dont aucun n'a été mortel pour la victime. Si j'aborde le sujet c'est tout simplement parcequ'il était d'actualité à l'époque de mon voyage et que beaucoup de touristes s'interrogeaient sur la dangerosité de la baignade dans les eaux mauriciennes. On appele la Réunion et Maurice les deux îles jumelles mais elles ne partagent pas le facteur requin du fait de leurs différences en terme de topographie et de présence de récifs coraliens. Maurice est préservée et ses eaux sont sûres mais il serait mensonger de dire qu'il n'y a pas de requin autour de l'île, toutefois il faut vivre avec et ne pas oublier que la faune et la flore aquatiques du pays sont certainement les plus riches de l'océan indien. Un conseil : évitez de nourrir la psychose et ne passez pas à côté des merveilles des fonds marins...

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Pour terminer la journée nous avons mangé dans un restaurant à proximité de la plage, "le Bougainville". Vous le trouverez juste en face du "Blue Lagoon Hotel", on y cotoie donc essentiellement une clientèle composée de touristes. Le restaurant offre un cadre très agréable avec une décoration architecturale typique de la case créole : bois, couleurs pastelles, varangue (véranda couverte), napperons brodés fleuris... Du fait de la proximité des hôtels on pourrait s'attendre à un attrappe-touristes mais j'ai été agréablement surpris par une cuisine simple et pleine de saveurs à un excellent rapport qualité-prix. Au menu aujourd'hui, en entrée un velouté de giraumon aux crevettes, une variété locale de potiron ou de citrouille. Karine a choisi pour commencer un carpaccio de marlin fumé très savoureux. Ensuite l'occasion était trop belle pour la rater, nous avons dégusté deux belles langoustes grillées. A environ 30 euros la 1/2 langouste en France on ne va pas se priver, içi comptez deux fois moins cher pour une langouste entière et préparée !!! En dessert nous restons dans les grands classiques en commandant des bananes flambées au rhum arrosées de cannelle et de sucre de canne.

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Sur le chemin du retour, nous avons fait une halte pour contempler le "Souffleur" au sud de l'île. Le "Souffleur" est en fait une cavité rocheuse d'où jaillit un puissant jet d'eau, c'est un phénomène naturel dû à l'érosion que l'on retrouve également sur l'île de la Réunion à Saint Leu. Avec le temps, l'érosion a creusé une grotte sous marine terminée par une petite ouverture en surface en forme de cheminée. Lorsque la marée n'est pas trop haute et que la houle est suffisante, l'eau de mer s'engouffre dans la cavité et y chasse l'air par la petite ouverture provoquant un puissant jet d'eau qui s'évapore en goutellettes en retombant. Ce phénomène fut identifié la première fois par l'abbé de La Caille en 1753 qui relata ses observations dans son ouvrage "Journal historique du voyage fait au Cap de Bonne-Espérance".

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Posté par demetan à 22:00 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Séjour en Ile Maurice (3ème jour)

    precision

    Suis à Maurice depuis 20 ans, malheureusement le salaire de base n est pas de 400 Euros mais plutot de 150 E.

    Posté par Luc, 18 octobre 2006 à 12:43 | | Répondre
  • Evidemment le salaire moyen est une donnée un peu subjective qui dépend de la profession, de la localisation, de l'ethnie... etc
    Mais d'après les études qe j'ai pu consulter, 150 euros c'est plutôt le salaire moyen d'un ouvrier agricole qui travaille dans un secteur sinistré. Après l'Afrique du Sud, Maurice est le pays qui tient le 2ème rang en terme de développement économique du continent africain. A Port Louis les salaires sont nettement supérieurs et j'ai pris cette donnée par rapport à la capitale, il est vrai que le salaire moyen est un peu inférieur s'échelonnant dans une fourchette basse de 200 à 250 euros.

    Posté par Demetan, 18 octobre 2006 à 13:57 | | Répondre
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