Demetan & Top of the Blog

22 septembre 2006

Mon nouveau blog, c'est parti aujourd'hui !

C'est la rentrée, mon nouveau blog ouvre ses portes en musique (voici ma sélection du mois pour vous accompagner) !

Mon objectif sera de l'alimenter le plus souvent possible ce qui ne sera pas chose facile avec mon emploi du temps et mes déplacements... Par alimenter le site, j'entends mettre en ligne quelques photos et essayer de donner régulièrement de mes nouvelles (pour ceux que ça intéressent).

N'oubliez pas que la raison de vivre d'un blogueur c'est l'expression de la satisfaction de ses lecteurs (ou non), alors à vot' bon coeur pour laisser avant de partir un petit commentaire, une reflexion, une question, une critique, une insulte même... le must c'est un petit vote :o)

Pour voter, un petit clic sur le logo "BlogTrafic" ou "BoosterBlog"dans la colone de droite, une marge apparaît alors en haut de page comme par magie... Merci d'avance :o)

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23 septembre 2006

Séjour en Ile Maurice (1er jour)

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Quoi de mieux pour commencer ce blog que de parler de mes dernières vacances, un voyage d'une semaine début septembre à l'Ile Maurice.

Tout d'abord quelques infos sur Maurice, c'est un ensemble d'îles situées dans l'Océan Indien à l'est de Madagascar. L'île principale a donné son nom au pays, Rodrigues, Saint Brandon et les îles Agalera font partie du même ensemble. C'est une île d'origine volcanique entourée de récifs coralliens, comptez environ 10 000 km et 11h00 d'avion pour vous y rendre au départ de Paris (à pied il faudrait calculer...).

Le choix de la destination s'est fait au dernier moment et j'ai choisi un hôtel dans l'urgence un peu par hasard. Nous avons passé notre séjour au nord ouest de l'île au lieu dit de la "Pointe au Piments" dans une résidence hôtelière s'appelant "la Villa mon plaisir", en retrait de la zone touristique principale située plus au nord à Grand Baie. En définitive le choix de l'hôtel s'est avéré le bon, il avait une faible capacité d'accueil ce qui le rendait très convivial, les chambres étaient toutes situées autour d'un jardin tropical avec piscine, et que dire des mauriciens qui étaient aux petits soins avec nous. Ci joint un lien de la vue aérienne de l'hôtel où on peut voir la proximité de la barrière de corail :

http://maps.google.fr/?ie=UTF8&t=k&om=1&z=18&ll=-20.066639,57.519093&spn=0.002288,0.003905

Il aurait été dommage de lézarder au soleil pendant une semaine même si les plages étaient paradisiaques, alors nous avons mis à profit ce court séjour pour faire un maximum d'excursions en retrait si possible des habituels attrapes-touristes.

Port Louis, le jardin botanique de Pamplemousses et l'Aventure du sucre.

Port Louis est la capitale de l'Ile Maurice et se trouve à une quinzaine de minutes de voiture de notre hôtel, nous profitons de la météo capricieuse pour aller visiter la ville et son marché que notre taxi-guide nous a promis pittoresque. D'abord quelques repères historique, la cité a été fondé par Bernard François Mahé de la Bourdonnais en 1735 du temps où Maurice était une colonie française et s'appelait "l'Isle de France". Ce capitaine de la Compagnie des Indes a été nommé gouverneur de l'île par Louis 15 et s'est attelé à l'époque à développer l'activité maritime de la cité. Aujourd'hui cette ville portuaire compte 150 000 habitants, elle est la capitale administrative et financière de Maurice.

Nous débutons notre visite dans le centre historique de la ville sur la place d'Armes, celle-ci est bordée de palmiers et fait face au palais du Gouvernement. Sur la place on peut contempler la statue de Mahé de la Bourdonnais, fondateur de la ville. Nous prenons ensuite la direction du marché appelé "le Grand Bazar" par les mauriciens, celui-ci occupe en fait un quartier entier de la ville qui se divise en plusieurs halles et ruelles étroites très bruyantes. Les échoppes sont fournies et bien achalandées, on y trouve de tout, textile, artisanat, fruits et légumes, viandes et poissons, épices (nez sensible s'abstenir)... Les ruelles sont très animées mais assez sales, nous n'avons rien acheté malgré les sollicitations des marchands car l'hygiène est un peu limite pour les continentaux que nous sommes, il aurait été dommage de tomber malade alors que nous venons juste d'arriver !

Il faut jouer du coude pour se frayer un passage mais nous sortons du marché et continuons notre parcours en visitant le musée du Coquillage installé dans une vieille batisse avec deux énormes (faux) coquillages en façade. Au rez de chaussée on trouve une boutique de souvenirs qui vends des montres (?), la visite est gratuite et on peut observer à l'étage plus de 3000 spécimens (gastéropodes, bivalves, céphalopodes et polyplacophores pour les connaisseurs). Chose étonnante on peut même acheter certains coquillages en exposition. Le musée est petit, il tient dans une salle et vous faîtes le tour en une dizaine de minutes, néanmoins ça vaut le coup d'oeil si vous êtes fan de coquillages ou simplement curieux...

La circulation est intense et il faut rester attentif en traversant la route (la conduite "cowboy" des mauriciens fera l'objet d'un prochain post), la visite se poursuit et nous emmène dans le quartier chinois et sa grande arche qui en symbolise l'entrée. Nous ne nous attardons pas dans le quartier qui semble avoir peu d'intérêt hormis la présence de vieilles batisses, de quelques pagodes et la proximité de la mosquée Jummah. Nous prenons ensuite la direction du quartier indien où Karine achète une parure de bijoux typique (environ 260 roupies mauriciennes "Rs" soit 6,50 euros), renseignement pris il s'agit d'une parure de mariage composée d'un collier et de boucles d'oreille de Rajasthan, ainsi que d'un maang tika (un diadème qu'on accroche dans les cheveux et qui se porte sur le front). La visite continue avec un passage dans le jardin de la Compagnie bordé de figuiers des banians, un arbre impressionnant au tronc tortueux dont les lianes serpentent le long des allées. C'est un endroit calme et ombragé (les jours de soleil !) très fréquenté par les hindoux qui considèrent le banian comme un arbre sacré.

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Les ruelles et les quartiers quadrillent de façon géométrique la ville et il est impossible de se perdre. De son héritage colonial la cité a gardé son organisation mais a perdu ses anciennes maisons créoles, il en subsiste quelques unes mais c'est assez peu pour donner du cachet à une ville qui m'a laissé dubitatif. Malgré tout elle conserve une échelle humaine, n'allez pas vous imaginer une grande métropole mais plutôt une petite ville portuaire défigurée par de grands buildings. Il est même étonnant de voir ces vieux quartiers vétustes cohabitant avec de telles structures modernes (à l'image de Hong Kong toute proportion gardée). Il y règne une étrange ambiance, le passé et le présent se cotoyant sans jamais donner l'impression de se fondre. Force est de constater en tout cas que la ville est très dynamique, c'est dans certains quartiers une véritable ruche où se cotoient apparement sans problème les différentes ethnies indienne, musulmane et chinoise.

Nous terminons la visite en nous rendant à proximité du port sur le Caudan Waterfront où se regroupent de gands complexes commerciaux (hôtels, boutiques, casino, restaurants...). Nous suivons les prescriptions d'un guide bien connu pour choisir notre restaurant qui sera le "Tandoori Express" qui comme son nom l'indique est un resto indien. Sur place nous nous trompons de terrasse et allons finalement manger au "Bistrot du Port" tenu par un français, question dépaysement on repassera mais peu importe le ventre commence à crier famine ! La carte des menus est en définitive très variée et j'opte pour ma première spécialité locale, un Cari aux fruits de mer (ou Carry). C'est un plat typiquement indien, une préparation à base de différentes épices : clou de girofle, curcuma, cumin, gingembre, piment coriandre... Le cari était servi avec du riz basmati et des oignons frits, comptez un peu moins de 4,50 euros le plat (180 Rs), une cuisine simple, relevée, mais délicieuse... En septembre 2006, 1 euro équivalait environ à 40 roupies mauriciennes (Rs ou Mur). Voici un lien ou vous pouvez convertir vos devises avec le taux de change du moment: http://www.oanda.com/convert/classic?lang=fr

La journée se poursuit avec la visite du Jardin botanique de Pamplemousses ou Jardin Sir Seewoosagur Ramgoolam qui se trouve à une dizaine de kilomètres au nord de Port Louis. Le jardin s'étends sur 37 ha et propose près de 600 espèces de végétaux. Il doit son origine à Bernard François Mahé de La Bourdonnais, alors gouverneur de l’île de France, qui acheta en 1735 la propriété de Mon Plaisir, y fit construire sa résidence et créa un potager sur le terrain. Le domaine connut un premier élan en 1767 avec le botaniste français Pierre Poivre qui importa des plantes et des arbres afin de briser le monopole hollandais sur le marché des épices. Son oeuvre fût poursuivie par son successeur Nicolas Céré puis plus tard en 1849 par James Duncan lorsque Maurice devint anglaise (en 1810).

Aujourd'hui le jardin est considéré comme l'un des plus beaux au monde, l'entrée est gratuite (même pour les touristes) et nous décidons de louer les compétences d'un guide pour nous diriger et nous renseigner. Ce dernier nous propose ses services pour 50 Rs (à peine plus d'un euro) pour 3/4 heure de visite. Libre à vous de faire appel à un guide mais dur dur sans eux de distinguer les 80 variétés de palmiers que compte le parc, sur le fond ça n'a pas d'importance mais pour le prix autant essayer de profiter de leurs connaissances.

Je ne vais pas faire un énumération pompeuse des différentes variétés de végétaux que nous avons croisé, voici quelques essences triées au volet : palmiers royaux, filaos, bambous, badamiers, baobabs, acajous, lataniers, bamyans, vacoas, tecomas, poivriers, arbre à cannelle, arbre à muscade... certaines plus insolite comme le palmier "salade de millionnaire" qui n'est coupé qu'au bout de 7 ans pour y récolter son coeur (ce qui explique son coût important) ou comme le talipot dont la floraison intervient tous les 60 ans. L'attraction principale du jardin est sans doute le bassin des nénuphars géants d'Amazonie, les "Victoria Amazonica", qui doit son nom à la reine Victoria. Le diamètre des ces plantes peut atteindre 1,50 à 2 mètres et pourrait supporter théoriquement le poids d'un enfant (peut être un mauricien mais sûrement pas un français...), elles donnent naissance à une fleur qui ne vit pas plus de 48h00, elle éclôt blanche le matin, devient rose dans la journée avant de s'éteindre mauve le soir.

Il fait bon déambuler dans le parc qui est très fréquenté par les mauriciens, je vous conseille d'y faire une halte car le jardin est vraiment dépaysant et recèle de curiosités exotiques. Nous terminons notre flânerie en prenant quelques photos des daims et des tortues géantes des Seychelles parquées dans des enclos.

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Nous terminons la journée en visitant l'Aventure du sucre qui est à moins de 500 mètres du Jardin de Pamplemousses, c'est en fait une ancienne usine sucrière, l'usine Beau Plan, reconvertie en musée en 2002. L'entrée est payante et l'hotesse d'accueil me propose moyennant finance un fasicule reprenant les thématiques du musée, comptez 300 Rs avec le livret (7,50 euros). Je conseille d'ailleurs de l'acheter c'est à la fois un souvenir et un guide complet très bien réalisé.

Plus qu'une usine désaffectée où on se contenterait d'observer les anciennes machines autrefois en activité, le musée retrace et analyse l'histoire de Maurice par le biais du sucre. J'ai trouvé la visité passionnante mais l'intérêt principal du site repose essentiellement sur la lecture des panneaux pédagogiques qui sont certes complet, mais surtout en très grand nombre. Il faudrait beaucoup plus que deux heures de visite pour prendre la mesure de l'ensemble des documents exposés. La première partie du musée retrace la découverte de Maurice par les portugais, puis l'installation des colons hollandais en 1598 avant l'établissement des français et la création de l'Isle de France. Elle analyse la période de la traite des esclaves et la mise en place d'un système économique mondial, la guerre franco-anglaise des Mascareignes avec l'avénement du corsaire Surcouf, la période anglaise après la capitulation des français qui marque l'apogée du sucre entre 1850 et 1860, puis le recours à une immigration indienne d'envergure pour résoudre le problème de main d'oeuvre.

La partie historique du musée pose en fait les bases actuelles de l'identité mauricienne en expliquant comment le sucre a façonné les paysages, l'économie et le peuplement de l'île. Je retiendrai d'ailleurs du musée une phrase prononcée par l'écrivain philosophe Bernardin de Saint Pierre en 1781:

"Je ne sais pas si le café et le sucre sont nécessaires au bonheur de l'Europe, mais je sais bien que ces deux végétaux ont fait le malheur de deux parties du monde. On a dépeuplé l'Amérique afin d'y avoir une terre pour les planter, on dépeuple l'Afrique afin d'avoir une nation pour les cultiver."

La seconde partie de la visite s'attache plus concrétement à analyser les étapes de la fabrication du sucre en présentant les différents équipements techniques. Le cadre est propice puisque nous évoluons au sein même de l'usine autour des anciennes machines (décanteur, évaporateur, malaxeur, centrifuge...)

Quelques explications, la canne à sucre est tout d'abord broyée pour en extraire le jus. Tandis que les résidus de canne appelés "bagasse" sont employés comme combustible dans les centrales électriques, le jus va être épuré chimiquement pour en extraire les substances non sucrées utilisées après traitement comme engrais. Il va ensuite passer dans un évaporateur pour obtenir un condensé qui va cuire dans des appareils appelés "vide", ces derniers ont même été aménagés par le musée pour que le parcours emprunte l'intérieur des machines. La massecuite obtenue va être malaxée puis essorée dans une centrifuge pour séparer les cristaux et le sirop de sucre appelé "mélasse". La mélasse est utilisée pour la fabrication d'alcool tel que le rhum tandis que les cristaux sont séchés pour obtenir le sucre sous la forme que nous lui connaissons. C'est très technique alors je me suis aidé d'un bouquin pour vous simplifier la chose, à présent vous êtes incollable sur la fabrication du sucre... et du rhum :o)

La visite du musée se termine par un inéluctable passage dans la boutique souvenir où une agréable surprise nous attends puisqu'une hôtesse nous convie à une dégustation de rhum mauricien à base d'un mélange de sucres. Nous en profitons pour goûter à 8 sortes de sucres différents avec des goûts très distincts, certains non raffinés comme le Muscovado brun (cassonade ambrée ou cuivrée) ou plus prisé comme le Golden Granulated très apprécié des anglais. Nous avons acheté quelques paquets de sucre dans la boutique mais pour les budgets serrés, mieux vaut faire ses emplettes dans les grandes surfaces (Super U à Grand Baie) où vous retrouvez la plupart des sucres siglés "L'Aventure du sucre" à des prix plus avantageux.

Pour terminer je conseille très vivement de manger au restaurant du musée Le Fangourin. On peut manger sur la terrasse avec vue sur le jardin ou à l'intérieur de la varangue, une véranda typique de l'architecture créole. Surtout la carte est très variée et les plats succulents, certainement l'un des meilleurs restaurants que nous avons fait sur l'île. Non je ne suis pas le cousin du gérant, seulement quand c'est bon autant le dire et le faire savoir ! J'ai pour ma part commandé des samoussas et des beignets de piment en entrée, avant de m'attaquer à une daube de cerf savament préparée. C'est de mémoire la première fois que j'en mangeais et sûrement pas la dernière, c'est une viande assez forte au goût et au fumet très prononcés. Pour terminer, je ne me suis pas découragé devant la carte des desserts en choisissant une crêpe aux sucres spéciaux, simple mais efficace... Enfin pour la digestion je vous conseille de commander un café qui vous sera servi avec au choix différentes variétés de sucres, le plus dur c'est de se décider !

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Ainsi s'achève notre première journée avec un programe complet mais facilement réalisable du fait de la proximité des sites, l'essentiel étant d'éviter les embouteillages aux heures pleines à l'entrée et à la sortie de Port Louis.

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26 septembre 2006

Séjour en Ile Maurice (2ème jour)

Excursion aux dauphins à Grande Rivière noire, la Terre des couleurs à Chamarel et le Casela Nature & Leisure Park.

Le programe de la journée débutera par une bonne heure de voiture pour nous rendre dans le sud ouest de l'île à Grande Rivière Noire où nous avons bon espoir de trouver un bateau qui nous emmènera voir des dauphins. Pour la route nous avons fait appel à un taxi-guide nommé David Riben, originaire de Cap Malheureux au nord de l'île.

J'en profite pour faire un aparté sur les taxi-guides, certains vous diront que cela revient plus cher qu'une location de voiture mais je pense personnellement que cette formule est plus viable. Déjà l'emploi d'un taxi vous évite la contrainte de la conduite automobile, car quoique on en dise conduire à Maurice reste une contrainte quand on considère la façon de conduire des locaux, l'état des routes à certains endroits, la circulation, les risques d'accident avec une voiture de location, le prix de l'essence qui assez elevé, la conduite à gauche ou encore et c'est souvent le cas l'absence pure et simple de signalisation (etc)... Ensuite il ne faut pas croire que les taxis sont uniquement là pour arnaquer les touristes, un chauffeur a au contraire tout intérêt à ce que vous soyez content de ses services et que vous fassiez appel à lui lors de vos prochaines excursions. Pour enlever toute ambïguité mieux vaut s'entendre au préalable sur le tarif de la journée, et je ne parle pas de marchander le prix car il ne faut pas oublier que le salaire moyen d'un mauricien est de 400 euros par mois (selon la profession). Si vous n'êtes pas satisfait du tarif d'un taxi, changez en la concurrence est rude et ce n'est pas ce qu'il manque sur l'île. En général comptez environ entre 1400 et 1800 Rs (35 à 45 euros) pour la journée, c'est un prix très acceptable si vous considérez le prix d'un taxi en France, d'autant que le chauffeur ne comptera pas ses heures et ira vous chercher à l'hôtel pour vous y ramener parfois 8 à 10 heures plus tard. Par exemple, il fallait compter une bonne heure de route pour nous rendre à Grande Rivière Noire, notre taxi David est venu nous chercher à l'hôtel à 6h00 afin d'éviter les embouteillages matinaux de Port Louis.

Pour l'excursion aux dauphins, il est préfèrable d'être sur place aux alentours de 8h00 afin d'avoir plus de chance de les voir, la baie de Rivière Noire et du Tamarin abritent des colonies importantes de dauphins qui viennent se reposer dans les eaux calmes avant de partir au large dans la journée pour y chasser. Evitez également les trop grandes embarcations style catamaran car les dauphins ont tendance à s'en éloigner, privilégiez plutôt les petits bateaux n'excédant pas une capacité de 6 à 8 places.

Arrivé à Grande Rivière Noire, quelques mauriciens nous dirigent vers une certaine Nathalie qui organise tous les jours des excursions aux dauphins, il nous en coûtera 1000 Rs par personne (25 euros) pour la matinée. C'est le prix communément admis pour ce genre de prestation, il y a certainement moyen de trouver des sorties moins chers avec des pêcheurs mais je pense qu'il est préférable de passer par un organisme en terme d'assurance et d'encadrement. Nous sommes en tout cas les premiers à partir en mer, il est 07h45 et notre embarcation est composée de 2 autres couples de touristes encadrés par 3 accompagnateurs. Ces derniers nous expliquent que les dauphins sont la plupart du temps au rendez vous et qu'il n'y a pas de saison particulière pour les voir, la consigne principale étant qu'il faut se rappeler qu'il s'agit d'animaux en liberté et qu'il ne faut pas les déranger lorsque nous plongerons avec eux (encore moins les toucher ce qu'ils considèrent comme une agression). La navigation est rafraichissante de bon matin mais nous avons une splendide vue sur le lagon et sur le Morne Brabant, une montagne haute de près de 556 mètres. Cette dernière a d'ailleurs récemment fait l'objet d'une demande officielle auprès de l'UNESCO pour être placée sur la liste du Patrimoine Mondial en mémoire des esclaves qui venaient s'y réfugier pour fuire leurs maîtres. La légende veut qu'ils se soient jetés du haut de la falaise en voyant des soldats escalader la montagne, alors que ces derniers venaient justement leur annoncer l'abolition de l'esclavage (1834).

Après 10 minutes de navigation et renseignements pris auprès de quelques pêcheurs, nous localisons un groupe composé d'une vingtaine de dauphins... Avant de plonger quelques informations sur les 2 espèces communes que l'on rencontre à Maurice, tout d'abord le grand dauphin Tursiops truncatus (appelé aussi "souffleur") qui peut atteindre 2,50 mètres de long. Les Tursiops vivent en petit groupes de cinq individus maxi et souvent seuls, ils sont très dominateurs et font fuir les autres types de dauphins car ils sont très pressants avec les femelles des autres espèces. C'est l'espèce la plus sympa à rencontrer et à approcher car les Tursiops sont amicaux, curieux de nature et très joueur. . La 2ème espèce rencontrée, celle qui nous concerne, est le dauphin Stenella Longirostris dit "Dauphin à long bec", très commun dans les Mascareignes (Réunion, Maldives, Maurice, Rodrigues). Ils sont plus petits et plus fins que les Tursiops (75 kg environ) mais vivent en bandes qui vont d'une vingtaine à plus d'une centaine d'individus. Ils ont le dos foncé, les flancs plus clairs et le ventre presque blanc, surtout chez les petits. Ils sont moins curieux car moins individualistes que les grands dauphins.

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Le Dauphin à long bec est une espèce côtière, la baie de Tamarin est une aire de repos naturelle pour eux où ils restent proche de la surface remontant lentement pour respirer. L'accompagnateur nous explique que le groupe que nous voyons est en train de dormir, durant la période de repos les animaux sont très attentifs à leur environnement et craintif vis à vis de l'homme. Comment font ils pour nager en dormant me direz vous ? L'explication est simple, ils dorment à moitié ! En fait seule une partie du cerveau se repose tandis que l'autre hémisphère assure les fonctions vitales (cycle de 20 minutes). Pour nager avec eux le procédé est simple mais un peu barbare, placer le bateau sur leur chemin,couper les moteurs et plonger avec palmes et tuba au moment de leur passage.

Je pense sincérement que ce n'est pas l'homme qui doit aller au devant de la nature, pour que le rêve soit au rendez-vous il faut qu'elle décide du lieu, du moment et du temps de la rencontre, mais quoique on en dise ou en pense le moment reste magique... Je suis retouné à l'eau à plusieurs reprises en compagnie d'un accompagnateur qui tenait la main à Karine pour la guider, nous nagions à la surface battant des palmes pour rester à la hauteur des dauphins qui évoluaient juste en dessous de nous (même en dormant je peux vous dire qu'ils n'attendent pas après vous !). J'ai bien essayé de prendre quelques photos mais je ne les ai pas encore fait développer, je ne sais pas ce que ça va donner mais l'important est d'avoir profité au maximum de ce moment (les photos ci jointes ne sont pas de moi mais reflètent bien la vision que vous pouvez avoir des dauphins dans l'eau).

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Point négatif, force est de constater qu'à partir d'une certaine heure plusieurs bateaux sont arrivés et ont suivi de la même façon que nous le groupe de dauphins afin de faire plonger les touristes tour à tour. Il n'y avait pas de catamaran et les embarcations étaient peu nombreuses mais je n'ose imaginer le procédé en pleine saison. On parle de "whale-watching", je ne vais pas dénoncer la pratique je l'ai moi même expérimenté avec bonheur, mais j'espère tout de même que les autorités mauriciennes surveillent de près l'exploitation des dauphins qui est une richesse pour l'île, le tout étant de contrôler la mise en place de trop nombreuses structures pour "nager avec les dauphins" près des hauts lieux touristiques. Je refuse de croire que ces interractions forcées avec des touristes souvent maladroits ne nuisent pas au développement des dauphins, mais cet "éco-tourisme" a de l'avenir s'il est maîtrisé, contrôlé, conserve une taille humaine et se fait dans le respect maximum des animaux.

L'expédition s'est achevée par une scéance de snorkeling dans le récif corallien, comprendre faire de la plongée avec pour seul équipement un masque et un tuba. Je suis un parfait néophyte en la matière mais quel autre endroit au monde vous permet de flirter avec une flore et une faune sous-marine aussi diversifiée et colorée. Le bateau a fait une halte dans la baie pendant 1/2 heure durant laquelle je me suis afféré à poursuivre les plus spécimens, histoire de les immortaliser avec mon super appareil photo sous-marin jetable Kodak (photos bientôt en ligne si pas trop pourries) ! Les photos jointes ne sont donc pas les miennes mais vous donne un aperçu des poissons que nous avons pu cotoyer dans les bas fonds (de gauche à droite un baliste picasso, une demoiselle à queue blanche, un papillon doré et un poisson peroquet.)

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Chamarel et la Terre des 7 couleurs

Retour au taxi et départ pour Chamarel à une dizaine de kilomètres vers l'intérieur des terres. Nous empruntons une route sinueuse qui nous conduit sur les hauteurs de l'île. Les Terres de couleurs sont une curiosité géologique, un monticule de terre mis à nu par l'érosion et composé de cendres volcaniques dont la couleur varie avec l'intensité de la lumière. On dénombre pas moins que 7 variations de couleurs (ocre, violet, maron, rouge, reflets bleus et verts...). A l'entrée, il faut s'acquitter d'un droit d'entrer de 80 Rs (2 euros), le site se trouve à environ 3 km mais on peut s'arrêter en cours de route pour voir la cascade de la rivière Saint-Denis haute d'une centaine de mètres.

Nous n'avons pas beaucoup de chance le soleil n'est pas au rendez vous et la lumière n'est pas idéale pour observer les différentes palettes de couleurs du site. Une barrière en bois entoure les dunes afin de les préserver, on ne peut pas marcher dessus mais la tour d'observation est un point de vue idéale pour prendre la mesure du site et faire quelques clichés. Avant de partir petite halte à l'enclos des tortues géantes des Seychelles, ce dernier n'est pas grillagé ce qui vous permet de leur donner à manger avec quelques feuilles mortes (attention aux doigts quand même). Un souvenir ? une boutique se trouve sur le site et vends des tubes avec des prélèvements de terres aux 7 couleurs.

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Le Casela Nature & Leisure Park

Dernière étape de la journée, le Casela Nature & Leisure Park est un parc ornithologique privé de plusieurs hectares qui se trouve à proximité de Flic en Flac en remontant dans le nord de l'île. L'entrée est gratuite pour les mauriciens mais coûte 160 RS pour un touriste (4 euros).

Le parc a ouvert ses portes en 1979 puis a été rénové en 2001, il est la propriété de la compagnie sucrière de Médine qui a pensé ce parc comme une réserve de sauvegarde des espèces en voie de disparition. Plus qu'un zoo, le parc est en fait un vaste jardin exotique où sont entreposées une centaine de volières et exposés plus de 2000 oiseaux venus des quatre coins du monde. On y rencontre plus de 140 espèces de volatiles dont voici une liste non exhaustive : perroquet, cardinal, boulboul ou condé, canard, cateau, pygargue, paon, bengali, perruche, toucan... C'est un des seul endroit au monde où on trouve des spécimens rares et protégés comme le Pigeon des mares (ou pigeon rose), il en restait une quinzaine en 1985 avant que ce dernier fasse l'objet d'un programme de reproduction en captivité. Aujourd'hui on estime sa population à 250 unités et il est lentement réintroduit sur l'île. La Crécerelle mauricienne fait également l'objet de toutes les attentions, une espèce endémique de faucon dont il ne restait que 4 spécimens en 1974 avant son plan de reproduction. A présent on dénombre un chiffre plus rassurant de 800.

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A Casela Park on ne trouve pas que des oiseaux, le jardin est luxuriant avec des bassins d'eau douce remplis de carpes chinoises géantes. Les volières sont installées autour d'un ruisseau naturel qui traverse le domaine et le jardin exotique, si bien qu'il y a autant à voir en dehors des cages qu'en dedans. Sur la partie basse du parc, on trouve la fosse aux tigres du Bengale qui étaient très fatigués ce jour là, une cage avec une dizaine de macaques, des tortues de terre et des lémuriens de Madagascar. N'oubliez pas d'apporter du pain pour donner aux animaux, nous avons eu un véritable coup de coeur pour les lémuriens que nous avons nourri, est il possible de trouver un animal plus affable, plus charmant et plus doux ?

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La visite du parc se termine par un passage à la ferme interractive (parfait pour les enfants) qui vous propose d'entrer dans des enclos où se trouve des lapins, des poules, des canards, des chèvres et autres cochons dinde. Plus étonnant la présence de plusieurs wallabys albinos de couleur blanche. A notre demande une employée nous informe que l'albinisme est certainement due à la consanguinité, il est en effet difficile pour le parc de trouver de nouveaux spécimens afin de renouveller les générations. L'albinisme a beau être une maladie génétique assez rare, les wallabis sont je vous rassure en parfaite santé et ne présentent aucune tare. Parfaitement domestiqués, nous avons pu les approcher facilement et leur donner à manger. Sur place vous trouverez aussi un enclos avec des ânes, des cerfs de javas, une autruche et un gros cochon dont j'ai oublié le surnom mais qui aimait beaucoup Karine... :o)

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En résumé une journée avec un fort penchant animalier mais où nous avons eu largement le temps de profiter de la mer avec la sortie aux dauphins, puis placée sous le signe de la découverte avec la Terres des Couleurs. Vous avez la possibilité de prolonger l'excursion aux dauphins en pique niquant sur l'Ile aux Bénitiers (tout bon organisme qui se respecte propose l'extension à ses clients), de jeter un coup d'oeil aux salines de Tamarin ou de faire un safari au Casela Yemen Escapade à côté du parc ornithologique. En ce qui nous concerne nous avons pris notre temps et n'avons pas surchargé la journée, le point noir étant le retour au nord de l'île qui s'est soldé par une bonne 1/2 heure d'embouteillage à l'approche de Port Louis.

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