23 septembre 2006

Séjour en Ile Maurice (1er jour)

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Quoi de mieux pour commencer ce blog que de parler de mes dernières vacances, un voyage d'une semaine début septembre à l'Ile Maurice.

Tout d'abord quelques infos sur Maurice, c'est un ensemble d'îles situées dans l'Océan Indien à l'est de Madagascar. L'île principale a donné son nom au pays, Rodrigues, Saint Brandon et les îles Agalera font partie du même ensemble. C'est une île d'origine volcanique entourée de récifs coralliens, comptez environ 10 000 km et 11h00 d'avion pour vous y rendre au départ de Paris (à pied il faudrait calculer...).

Le choix de la destination s'est fait au dernier moment et j'ai choisi un hôtel dans l'urgence un peu par hasard. Nous avons passé notre séjour au nord ouest de l'île au lieu dit de la "Pointe au Piments" dans une résidence hôtelière s'appelant "la Villa mon plaisir", en retrait de la zone touristique principale située plus au nord à Grand Baie. En définitive le choix de l'hôtel s'est avéré le bon, il avait une faible capacité d'accueil ce qui le rendait très convivial, les chambres étaient toutes situées autour d'un jardin tropical avec piscine, et que dire des mauriciens qui étaient aux petits soins avec nous. Ci joint un lien de la vue aérienne de l'hôtel où on peut voir la proximité de la barrière de corail :

http://maps.google.fr/?ie=UTF8&t=k&om=1&z=18&ll=-20.066639,57.519093&spn=0.002288,0.003905

Il aurait été dommage de lézarder au soleil pendant une semaine même si les plages étaient paradisiaques, alors nous avons mis à profit ce court séjour pour faire un maximum d'excursions en retrait si possible des habituels attrapes-touristes.

Port Louis, le jardin botanique de Pamplemousses et l'Aventure du sucre.

Port Louis est la capitale de l'Ile Maurice et se trouve à une quinzaine de minutes de voiture de notre hôtel, nous profitons de la météo capricieuse pour aller visiter la ville et son marché que notre taxi-guide nous a promis pittoresque. D'abord quelques repères historique, la cité a été fondé par Bernard François Mahé de la Bourdonnais en 1735 du temps où Maurice était une colonie française et s'appelait "l'Isle de France". Ce capitaine de la Compagnie des Indes a été nommé gouverneur de l'île par Louis 15 et s'est attelé à l'époque à développer l'activité maritime de la cité. Aujourd'hui cette ville portuaire compte 150 000 habitants, elle est la capitale administrative et financière de Maurice.

Nous débutons notre visite dans le centre historique de la ville sur la place d'Armes, celle-ci est bordée de palmiers et fait face au palais du Gouvernement. Sur la place on peut contempler la statue de Mahé de la Bourdonnais, fondateur de la ville. Nous prenons ensuite la direction du marché appelé "le Grand Bazar" par les mauriciens, celui-ci occupe en fait un quartier entier de la ville qui se divise en plusieurs halles et ruelles étroites très bruyantes. Les échoppes sont fournies et bien achalandées, on y trouve de tout, textile, artisanat, fruits et légumes, viandes et poissons, épices (nez sensible s'abstenir)... Les ruelles sont très animées mais assez sales, nous n'avons rien acheté malgré les sollicitations des marchands car l'hygiène est un peu limite pour les continentaux que nous sommes, il aurait été dommage de tomber malade alors que nous venons juste d'arriver !

Il faut jouer du coude pour se frayer un passage mais nous sortons du marché et continuons notre parcours en visitant le musée du Coquillage installé dans une vieille batisse avec deux énormes (faux) coquillages en façade. Au rez de chaussée on trouve une boutique de souvenirs qui vends des montres (?), la visite est gratuite et on peut observer à l'étage plus de 3000 spécimens (gastéropodes, bivalves, céphalopodes et polyplacophores pour les connaisseurs). Chose étonnante on peut même acheter certains coquillages en exposition. Le musée est petit, il tient dans une salle et vous faîtes le tour en une dizaine de minutes, néanmoins ça vaut le coup d'oeil si vous êtes fan de coquillages ou simplement curieux...

La circulation est intense et il faut rester attentif en traversant la route (la conduite "cowboy" des mauriciens fera l'objet d'un prochain post), la visite se poursuit et nous emmène dans le quartier chinois et sa grande arche qui en symbolise l'entrée. Nous ne nous attardons pas dans le quartier qui semble avoir peu d'intérêt hormis la présence de vieilles batisses, de quelques pagodes et la proximité de la mosquée Jummah. Nous prenons ensuite la direction du quartier indien où Karine achète une parure de bijoux typique (environ 260 roupies mauriciennes "Rs" soit 6,50 euros), renseignement pris il s'agit d'une parure de mariage composée d'un collier et de boucles d'oreille de Rajasthan, ainsi que d'un maang tika (un diadème qu'on accroche dans les cheveux et qui se porte sur le front). La visite continue avec un passage dans le jardin de la Compagnie bordé de figuiers des banians, un arbre impressionnant au tronc tortueux dont les lianes serpentent le long des allées. C'est un endroit calme et ombragé (les jours de soleil !) très fréquenté par les hindoux qui considèrent le banian comme un arbre sacré.

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Les ruelles et les quartiers quadrillent de façon géométrique la ville et il est impossible de se perdre. De son héritage colonial la cité a gardé son organisation mais a perdu ses anciennes maisons créoles, il en subsiste quelques unes mais c'est assez peu pour donner du cachet à une ville qui m'a laissé dubitatif. Malgré tout elle conserve une échelle humaine, n'allez pas vous imaginer une grande métropole mais plutôt une petite ville portuaire défigurée par de grands buildings. Il est même étonnant de voir ces vieux quartiers vétustes cohabitant avec de telles structures modernes (à l'image de Hong Kong toute proportion gardée). Il y règne une étrange ambiance, le passé et le présent se cotoyant sans jamais donner l'impression de se fondre. Force est de constater en tout cas que la ville est très dynamique, c'est dans certains quartiers une véritable ruche où se cotoient apparement sans problème les différentes ethnies indienne, musulmane et chinoise.

Nous terminons la visite en nous rendant à proximité du port sur le Caudan Waterfront où se regroupent de gands complexes commerciaux (hôtels, boutiques, casino, restaurants...). Nous suivons les prescriptions d'un guide bien connu pour choisir notre restaurant qui sera le "Tandoori Express" qui comme son nom l'indique est un resto indien. Sur place nous nous trompons de terrasse et allons finalement manger au "Bistrot du Port" tenu par un français, question dépaysement on repassera mais peu importe le ventre commence à crier famine ! La carte des menus est en définitive très variée et j'opte pour ma première spécialité locale, un Cari aux fruits de mer (ou Carry). C'est un plat typiquement indien, une préparation à base de différentes épices : clou de girofle, curcuma, cumin, gingembre, piment coriandre... Le cari était servi avec du riz basmati et des oignons frits, comptez un peu moins de 4,50 euros le plat (180 Rs), une cuisine simple, relevée, mais délicieuse... En septembre 2006, 1 euro équivalait environ à 40 roupies mauriciennes (Rs ou Mur). Voici un lien ou vous pouvez convertir vos devises avec le taux de change du moment: http://www.oanda.com/convert/classic?lang=fr

La journée se poursuit avec la visite du Jardin botanique de Pamplemousses ou Jardin Sir Seewoosagur Ramgoolam qui se trouve à une dizaine de kilomètres au nord de Port Louis. Le jardin s'étends sur 37 ha et propose près de 600 espèces de végétaux. Il doit son origine à Bernard François Mahé de La Bourdonnais, alors gouverneur de l’île de France, qui acheta en 1735 la propriété de Mon Plaisir, y fit construire sa résidence et créa un potager sur le terrain. Le domaine connut un premier élan en 1767 avec le botaniste français Pierre Poivre qui importa des plantes et des arbres afin de briser le monopole hollandais sur le marché des épices. Son oeuvre fût poursuivie par son successeur Nicolas Céré puis plus tard en 1849 par James Duncan lorsque Maurice devint anglaise (en 1810).

Aujourd'hui le jardin est considéré comme l'un des plus beaux au monde, l'entrée est gratuite (même pour les touristes) et nous décidons de louer les compétences d'un guide pour nous diriger et nous renseigner. Ce dernier nous propose ses services pour 50 Rs (à peine plus d'un euro) pour 3/4 heure de visite. Libre à vous de faire appel à un guide mais dur dur sans eux de distinguer les 80 variétés de palmiers que compte le parc, sur le fond ça n'a pas d'importance mais pour le prix autant essayer de profiter de leurs connaissances.

Je ne vais pas faire un énumération pompeuse des différentes variétés de végétaux que nous avons croisé, voici quelques essences triées au volet : palmiers royaux, filaos, bambous, badamiers, baobabs, acajous, lataniers, bamyans, vacoas, tecomas, poivriers, arbre à cannelle, arbre à muscade... certaines plus insolite comme le palmier "salade de millionnaire" qui n'est coupé qu'au bout de 7 ans pour y récolter son coeur (ce qui explique son coût important) ou comme le talipot dont la floraison intervient tous les 60 ans. L'attraction principale du jardin est sans doute le bassin des nénuphars géants d'Amazonie, les "Victoria Amazonica", qui doit son nom à la reine Victoria. Le diamètre des ces plantes peut atteindre 1,50 à 2 mètres et pourrait supporter théoriquement le poids d'un enfant (peut être un mauricien mais sûrement pas un français...), elles donnent naissance à une fleur qui ne vit pas plus de 48h00, elle éclôt blanche le matin, devient rose dans la journée avant de s'éteindre mauve le soir.

Il fait bon déambuler dans le parc qui est très fréquenté par les mauriciens, je vous conseille d'y faire une halte car le jardin est vraiment dépaysant et recèle de curiosités exotiques. Nous terminons notre flânerie en prenant quelques photos des daims et des tortues géantes des Seychelles parquées dans des enclos.

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Nous terminons la journée en visitant l'Aventure du sucre qui est à moins de 500 mètres du Jardin de Pamplemousses, c'est en fait une ancienne usine sucrière, l'usine Beau Plan, reconvertie en musée en 2002. L'entrée est payante et l'hotesse d'accueil me propose moyennant finance un fasicule reprenant les thématiques du musée, comptez 300 Rs avec le livret (7,50 euros). Je conseille d'ailleurs de l'acheter c'est à la fois un souvenir et un guide complet très bien réalisé.

Plus qu'une usine désaffectée où on se contenterait d'observer les anciennes machines autrefois en activité, le musée retrace et analyse l'histoire de Maurice par le biais du sucre. J'ai trouvé la visité passionnante mais l'intérêt principal du site repose essentiellement sur la lecture des panneaux pédagogiques qui sont certes complet, mais surtout en très grand nombre. Il faudrait beaucoup plus que deux heures de visite pour prendre la mesure de l'ensemble des documents exposés. La première partie du musée retrace la découverte de Maurice par les portugais, puis l'installation des colons hollandais en 1598 avant l'établissement des français et la création de l'Isle de France. Elle analyse la période de la traite des esclaves et la mise en place d'un système économique mondial, la guerre franco-anglaise des Mascareignes avec l'avénement du corsaire Surcouf, la période anglaise après la capitulation des français qui marque l'apogée du sucre entre 1850 et 1860, puis le recours à une immigration indienne d'envergure pour résoudre le problème de main d'oeuvre.

La partie historique du musée pose en fait les bases actuelles de l'identité mauricienne en expliquant comment le sucre a façonné les paysages, l'économie et le peuplement de l'île. Je retiendrai d'ailleurs du musée une phrase prononcée par l'écrivain philosophe Bernardin de Saint Pierre en 1781:

"Je ne sais pas si le café et le sucre sont nécessaires au bonheur de l'Europe, mais je sais bien que ces deux végétaux ont fait le malheur de deux parties du monde. On a dépeuplé l'Amérique afin d'y avoir une terre pour les planter, on dépeuple l'Afrique afin d'avoir une nation pour les cultiver."

La seconde partie de la visite s'attache plus concrétement à analyser les étapes de la fabrication du sucre en présentant les différents équipements techniques. Le cadre est propice puisque nous évoluons au sein même de l'usine autour des anciennes machines (décanteur, évaporateur, malaxeur, centrifuge...)

Quelques explications, la canne à sucre est tout d'abord broyée pour en extraire le jus. Tandis que les résidus de canne appelés "bagasse" sont employés comme combustible dans les centrales électriques, le jus va être épuré chimiquement pour en extraire les substances non sucrées utilisées après traitement comme engrais. Il va ensuite passer dans un évaporateur pour obtenir un condensé qui va cuire dans des appareils appelés "vide", ces derniers ont même été aménagés par le musée pour que le parcours emprunte l'intérieur des machines. La massecuite obtenue va être malaxée puis essorée dans une centrifuge pour séparer les cristaux et le sirop de sucre appelé "mélasse". La mélasse est utilisée pour la fabrication d'alcool tel que le rhum tandis que les cristaux sont séchés pour obtenir le sucre sous la forme que nous lui connaissons. C'est très technique alors je me suis aidé d'un bouquin pour vous simplifier la chose, à présent vous êtes incollable sur la fabrication du sucre... et du rhum :o)

La visite du musée se termine par un inéluctable passage dans la boutique souvenir où une agréable surprise nous attends puisqu'une hôtesse nous convie à une dégustation de rhum mauricien à base d'un mélange de sucres. Nous en profitons pour goûter à 8 sortes de sucres différents avec des goûts très distincts, certains non raffinés comme le Muscovado brun (cassonade ambrée ou cuivrée) ou plus prisé comme le Golden Granulated très apprécié des anglais. Nous avons acheté quelques paquets de sucre dans la boutique mais pour les budgets serrés, mieux vaut faire ses emplettes dans les grandes surfaces (Super U à Grand Baie) où vous retrouvez la plupart des sucres siglés "L'Aventure du sucre" à des prix plus avantageux.

Pour terminer je conseille très vivement de manger au restaurant du musée Le Fangourin. On peut manger sur la terrasse avec vue sur le jardin ou à l'intérieur de la varangue, une véranda typique de l'architecture créole. Surtout la carte est très variée et les plats succulents, certainement l'un des meilleurs restaurants que nous avons fait sur l'île. Non je ne suis pas le cousin du gérant, seulement quand c'est bon autant le dire et le faire savoir ! J'ai pour ma part commandé des samoussas et des beignets de piment en entrée, avant de m'attaquer à une daube de cerf savament préparée. C'est de mémoire la première fois que j'en mangeais et sûrement pas la dernière, c'est une viande assez forte au goût et au fumet très prononcés. Pour terminer, je ne me suis pas découragé devant la carte des desserts en choisissant une crêpe aux sucres spéciaux, simple mais efficace... Enfin pour la digestion je vous conseille de commander un café qui vous sera servi avec au choix différentes variétés de sucres, le plus dur c'est de se décider !

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Ainsi s'achève notre première journée avec un programe complet mais facilement réalisable du fait de la proximité des sites, l'essentiel étant d'éviter les embouteillages aux heures pleines à l'entrée et à la sortie de Port Louis.

Posté par demetan à 16:00 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Séjour en Ile Maurice (1er jour)

    l'ile maurice une ile de reve!

    Posté par mangana, 13 juillet 2010 à 14:54 | | Répondre
  • Hello!

    Bon et bien tu as l'air d'avoir passé du bon temps à ce je comprends 11h de vol tout de même je pensais pas que c t si loin! Dommage on peut pas agrandir les photos pour voir ta bonne tête LOL
    Bises à bientôt tu passes quand tu veux!
    ps: j'ai oublié de te retel, en fait c Sharleen qui a cherché à vous joindre pdt les vacances lol, il lui arrive de "jouer" avec mon tel!

    Posté par jess, 26 septembre 2006 à 08:24 | | Répondre
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